Publié par : Xavier Bordes | 11 juillet 2020

Parallèle imprévisible


 Parallèle imprévisible

C’est comme au plus profond des forêts
qu’il faut innover
avec la complicité du vent ou du roseau
.
tel (dans la clairière où viennent la nuit
danser les elfes et le chevreuils)
le chardonneret s’exerçant à de nouvelles vocalises
à la pointe d’une fleur argentée
.
En un site de l’invention discrète
où nul intrus ne vient c’est là qu’on peut
librement improviser
.
Là sur leurs branches les écureuils
font silence en joignant leurs petites mains noires
en un geste de recueillement
Le lièvre dresse les oreilles et s’assied
sur le coussin blanc qu’il emmène partout
comme un supporter de foot amateur
qui connaît les gradins en béton de la tribune
.
Au secret des buissons beaucoup d’autres
invisibles vivants ont l’ouïe aux aguets
On ne les verra jamais On ne saura pas plus
qu’on ne le sait à propos d’un blog sur le Net
quel public s’oublie un moment
pour profiter d’une création plus ou moins adroite

Publié par : Xavier Bordes | 11 juillet 2020

Survie au goutte à goutte !


Survie au goutte à goutte !
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Bientôt peut-être
j’irai revoir la source
dont les doigts limpides
pianotent sur la lumière
de son reflet
.
Jolie manière d’observer
les secondes
qui s’écoulent de ce qu’il
me reste de vie
.
Ne sois pas triste tourterelle
plaintive Quel sens ont les sentiments
dans un monde qui n’en a pas
L’émerveillante absurdité 
l’incompréhensible absurdité
c’est d’éprouver cette envie de survivre
qu’aucun but n’est en mesure de justifier
.
et d’être encore apte à goûter sa beauté

Publié par : Xavier Bordes | 11 juillet 2020

Leçon de haine


Leçon de haine
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Ciel bleu de juillet avec ombres
sur les façades et chiffons de nuées
déchiquetées La rue serait gaie
s’il n’y avait sous un proche d’immeuble
un clochard avec auprès de lui son litron vide
Il dort dans des couvertures ternies
par une crasse malsaine et dans sa pisse
qui a zigzagué sur le trottoir jusqu’au caniveau
.
La puanteur éloigne les passants
qui froncent le nez et se hâtent
de la contourner par l’autre côté de la rue
D’une fenêtre ouverte s’échappent des sons
que j’identifie comme du Pink Floyd
The dark side of the moon, peut-être
.
J’essaie d’imaginer l’état mental de l’homme
encore enroulé dans ses nippes malodorantes
à dix heures du matin et qui semble dormir
Est-il réduit à l’ivrognerie du désespoir absolu ?
Est-ce un événement tragique de sa vie
qui lui aura ôté courage et dignité ?
Qu’est-ce qui pourrait m’amener, moi,
à pareil était de sanglier dans sa bauge,
ou disons, d’animalité humaine ?
.
A-t-il senti que je l’observais ? L’homme
s’est brusqueent réveillé… Entre sa tignasse collée
et le tissu qui couvrait jusqu’au nez son visage
m’ont fixé deux yeux gris-acier Surpris
par leur expression de méchanceté vipérine
J’ai découvert pour la première fois
à quoi peut ressembler la haine pure
Les tueurs islamistes doivent avoir le même regard
Intérieurement secoué par cette forme violente
de l’instinct de survie, je me détourne et je repars
le coeur exsangue et lavé de toute compassion !

.

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Publié par : Xavier Bordes | 11 juillet 2020

Rien, pour reste !


Rien, pour reste !
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Il est assez merveilleux de songer
aux pénétrantes illusions de la foi philosophique
À ces artifices nommés langues et langages
qui servent à contourner le chaos et le rien
sans qu’on sache même la teneur du « il y a » !
Sur ce point hélas je n’ai jamais
pu entrer dans le Je(u) et suis resté doublement
un incroyant ! Seulement utilisant
l’ordre mental radieux du  f r a n ç a i s
pour bâtir l’éclair aussitôt ruiné
du poème grâce auquel accéder au minime
affermissement des choses qu’on nomme Réalité.

Publié par : Xavier Bordes | 10 juillet 2020

Autohumanicide


Autohumanicide

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Lorsque je songe aux revendications des écologistes et autres verts divers, je suis atterré. Ils ne considèrent jamais le phénomène planétaire dans son éco-ensemble. Il veulent des voitures électriques pour réduire l’émission de CO2, sans calculer qu’il faut pour produire les éléments de ces voitures gaspiller plus d’énergie et produire plus de gaz nuisible qu’elles ne nous en feront économiser dans leur durée d’usage. Pour ne pas polluer, ils veulent des batteries dont on ne sait ensuite plus quoi faire, des centrales à charbon contre les centrales atomiques. Des éoliennes qui rendent la vie infernale à la faune sur terre ou en mer, et même aux humains. Soi-disant pour préserver la planète, ils font des reportages télévisés sur des régions désertes du globe où nul ne songeait à aller répandre des ordures touristiques, et du coup chaque tour-operator les inclut dans ses nouveaux circuits. Pour aller plaider la cause écologique aux quatre coins de la planète, ils utilisent force avions. Pour soi-disant épargner quelques poissons – louable souci – ils refusent le canal Rhin-Rhône, alors qu’une cargaison sur un chaland vaut dix chargements de camions pollueurs traversant de France en Allemagne, et que par voie d’eau on consomme dix fois moins de carburant. Et tout est à l’avenant. Cela me fait penser à ces médecins qui veulent guérir un malade avec des médicaments dont les effets secondaires sont pires que la maladie elle-même. Quant aux politiciens, là au-milieu, écologistes ou pas, leur seule motivation, leur seul horizon, est d’être réélus, et accessoirement de se remplir les poches. Dans les politiciens, j’inclus les gens des médias, qui sans cesse cherchent le buzz qui va faire leur gloire et qui n’ont plus aucune éthique journalistique, si tant est qu’il en ait jamais existé une et que le journalisme, écrit ou télévisé, youtubisé ou internettisé, filmé, manipulateur d’opinion, ne soit pas une activité de menteurs professionnels et de propagandistes, conscients ou inconscients, au service des pouvoirs. Ce que je viens de décrire et tout le reste, imaginable ou non, sont des idées et comportements mortifères. En particulier l’économie de croissance indéfinie. Tels sont les motifs pour lesquels on ne peut que sombrer, ce qui est mon cas, dans un pessimisme lucide…

L’Humanité est à la fois trop puissante et trop impuissante pour que le pire ne soit pas  c e r t a i n.

Publié par : Xavier Bordes | 10 juillet 2020

Foi en décroissance !


Foi en décroissance !
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Au temps des 100 poèmes pour l’Écologie
je chantais « Longue vie à l’herbe ! »
Aujourd’hui que l’herbe et les arbres
nous survivent ou non, je suis convaincu
que nous serons, humains, soi-disant sommet
du règne animal, nos plus radicales victimes.

Publié par : Xavier Bordes | 10 juillet 2020

« Ce monde, je ne veux pas le voir ! »


« Ce monde, je ne veux pas le voir ! »
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J’ai détourné les yeux
des monstruosités quotidiennes des médias
en les maudissant Nouvelles atroces
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Musiques imbéciles chansons indigentes !
Rien pour élever l’esprit et triple rien
s’il s’agit d’élever l’âme
.
L’absence d’éthique gouverne
aidée de la folie du pouvoir et de l’or
amplifiée par la toxicité du WWW
.
Guerre ouvertes ou larvée – partout !
jusque dans les quartiers, les familles
Et la pandémie pour coiffer le tout
.
L’humanité malfaisante sera victime de sa
propre stupidité haineuse
Et disparaîtra plus vite qu’on ne l’imagine !

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Publié par : Xavier Bordes | 10 juillet 2020

Bibelots


Bibelots
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Vient un âge où l’on ne peut plus
que songer à la beauté des choses
rangées sur les étagères de nos mémoires
.
Ce vase minuscule avec la figure noire
d’une tête d’Apollon vient de Canoni
Vue splendide sur l’ile du monastère,
la baie, l’autre îlot boisé, sa bâtisse claire
.
Cet ocarina xun en forme d’oeuf d’obsidienne
est originaire de Taïpeh dont le musée possède
Retraite dans les monts Fu-Chuen
le plus beau rêve de Huang-Gong-Wang
.
J’ai vu ce petit éléphant sculpté en ébène
durant toute mon enfance Il était posé
sur une étagère de la bibliothèque de mon père
À côté, le plus petit en ivoire me vient de ma mère
.
Il y a aussi l’élégante coupe en argent à anses
copie d’un original mycénien Remplie de vin sombre
on y devine les reflets des murailles énormes
de l’austère cité aux rois Atrides masqués d’or
.
Mystère d’objets pour nous seuls auréolés
de mondes avec splendeurs misères peuples divers
Témoins d’instants que nous ne revivrons jamais
.

Publié par : Xavier Bordes | 10 juillet 2020

Carte postale


Carte postale
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L’air venu du rivage
siffle aux chapiteaux des colonnes
que les mouettes survolent
Lointains de chaleur brumeuse
.
Des amoureux se font photographier
face au soleil déclinant
Les longs cheveux noirs
de la jeune femme se soulèvent
.
Le cap Sounion avance un coin
dans l’outremer des eaux
Quatre perdrix couleur de pierre
parmi les blocs sacrés picorent 
.
Au bas du sentier non loin de là
une baraque légère propose à manger
toute sortes de mets indistincts
et quelques pâtisseries

.

 

 

 

 

 

Publié par : Xavier Bordes | 9 juillet 2020

Sur l’orbe mouillé d’une coupe


Sur l’orbe mouillé d’une coupe
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Jusqu’au fond de la toccata du temps
la mélodie dont le chapelet perle aux doigts
de la fée créatrice des étoiles
Idée jolie qui cache un rossignol
inspiré par les irisations du soir
Hors de portée il déroule à la pointe
d’un bouleau ses vocalises
d’une clarté de source
Contrairement à la foule
j’ai le goût des timbres purs
comme le roseau et des voix fraîches
qu’en moi j’absorbe à l’instar des nuages
et que je ne rends jamais.

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