Publié par : xavier bordes | 24 mai 2018

Du quatrième ciel


Du quatrième ciel
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L’air qui nous devance éclaircit l’horizon
alourdi là-bas de vapeurs rêveuses
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Là-bas jusqu’où pointu s’amenuise le littoral
qui s’amorce à nos pieds par des galets usés
.
Fumées roses l’Italie mi-lumière mi-réalité
hèle des foules mauves de vagues empressées
.
Penchée sur le foisonnant trésor des pierres Aïlenn
cherche l’unique caillou au coeur strié de couleur
.
Celui qui porte dans sa lave refroidie le signe
strié de feu du geyser immémorial
.
Pour Elle tous les souvenirs d’éruption sont fascinants
jusqu’aux étoiles qui retombent ou ne retombent pas
.
Accoudée au balcon de la Lune elle observe ses pensées
analogues aux filantes Perséïdes dont phosphore la mer

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(Roquebrune Cap-Martin)

 

 

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Publié par : xavier bordes | 24 mai 2018

Vers Scylla


Vers Scylla
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Il n’y a plus rien que tu puisses faire désormais
pour maîtriser la Dérive
pour transformer ton monde en jardin
pour que les humains communiquent aussi
naturellement entre eux que les poissons
les plantes les oiseaux les mammifères
bref ces êtres vivants innombrables
dont l’humanité s’est plus ou moins coupée
au point de se lancer dans une quête
pour comprendre le langage des pinsons
des dauphins des baleines des lémuriens
des orang-outangs des frelons des fourmis
des arbres entre eux, le langage des fleurs
entre elles et de toute cette profusion vive
d’êtres dont certains à jamais inconnus
auront disparu avant qu’on les ait observés…
Il n’y a plus rien que tu puisses faire désormais
pour devenir

 

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Publié par : xavier bordes | 24 mai 2018

L’enfant rouge


L’enfant rouge
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L’enfant qui parle au mur
où grimacent les roses
L’enfant enfiévré que le soir
rougit sous l’abat-jour de la veilleuse
Qui la tête sur l’oreiller
sent l’odeur de colle du papier-peint
– l’odeur de ce qui n’en finit pas –
et se demande pourquoi il est là,
et ce qu’il fait dans ce corps glacé,
.
il persiste Il refuse d’être oublié
malgré la longue suite des années
la question avait été
(par le soleil de l’océan et du désert
par les échines blanches des tentes
par la cavalcade détonante des chevaux
par la musique envoûtante de l’amour)
oblitérée

 

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Publié par : xavier bordes | 24 mai 2018

La nature vaticine


 La nature vaticine
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Pas de souffle pour courber les ombres des hautes herbes
sur les scarabées noirs qui se hâtent et carapatent
entre les touffes qui les cachent comme futaies, laies ou daims
.
Voluptueux sur l’azur un nuage clair
jette son dévolu de volutes
.
Désorienté à la manière de qui dans ses écrits
voudrait n’insérer rien de biographique
et se fait l’interprète de l’écho
.
Parmi l’opacité des chênes ou des pins le pic-épeiche
geint sur un passé qu’il n’a jamais connu
.
Puis se venge à la fin en martelant le couvercle d’un cercueil

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(Opio – août 2014).

Publié par : xavier bordes | 24 mai 2018

Songeant à N. de Staël


Songeant à N. de Staël
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Insolite et térébrante pensée que celle
d’imaginer la nuit que le soleil demain
ne reviendra plus ainsi que d’autres
intuitions intimes et hautaines du même acabit
Une poésie humaine pourtant ne s’observe pas
depuis l’altitude bleue qui découpe la montagne
Elle s’impose par simples plans lumineux
ou quelques éclairs d’une marche quotidienne
à l’instar d’un tableau de Nicolas de Staël
C’est la sombre splendeur de ce pin noir
face au paysage de gris écrasés d’ossuaires calcaires
en falaises qui dominent la coulée rose des villages
Bien sûr que l’on sait n’être rien malgré l’odeur
des lavandes, du jasmin, du fenouil ou des silex taillés
Partout s’interroge devant nous l’écorce ocre
d’un espace qui scrute notre coeur pour y découvrir
son sens – brûlante sécheresse où lente progresse
entre les asphodèles ce gros galet marbré
qu’un regard plus appuyé découvre être tortue
Partout la pauvre poésie d’un bavard indigent
cherche son chemin là où ne restent que les mots

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Publié par : xavier bordes | 23 mai 2018

Scène de plage


Scène de plage
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Peur des flots à fleur de peau
Le bulldozer des lames repousse
les sables du littoral avec les débris
de bois, d’oursins, de posidonies
Finalement tout de même le bambin
nu entre dans l’eau et rit aux éclats
.
Étonné de la résistance du liquide
et de ses effets éclaboussants
il claque la surface remuante
avec ses petites mains en étoile
sous le regard maternel inquiet
ou celui d’un père attendri et fier
.
On l’enlève bientôt de la mer
l’emballe dans une serviette-éponge
en couleurs ornée d’un éléphant
qui s’envole grâce à ses oreilles
On le frictionne un peu puis le pose
sur la plage où il se met à trotter
dans le grand soleil de sa vie

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(Carnolès – 2000)

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Publié par : xavier bordes | 23 mai 2018

Pour attendre le soir


Pour attendre le soir
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Restanque après restanque
l’empierrement de la montée
et la joie hiérarchique des oliviers
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D’en haut sur la grève lointaine vois
la mer en travaux décharge
des bennes entières d’écume
.
Une agitation de mouettes et goélands
surveille cette activité des vagues
venues de loin déranger leur paresse
.
Du vent attise quelques nuages
brûlant au sein du ciel froid
leurs vaisseaux pâles
.
Courage frère humain
tout en haut derrière le bouquet de pins
odorant nous épie le soleil

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(Opio – 07/2000-Paris – 23/05/2018)

Publié par : xavier bordes | 23 mai 2018

Tableau mythologique


Tableau mythologique
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Qu’est-ce qui, pour tellement longtemps que c’en est inimaginable, n’en finira pas, sinon une certaine absence ?
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Une dispersion de quelques milliards d’atomes, d’atomes « éternels » assemblés en bipède pour moins d’un siècle…
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Avoir été « homme », cet abîme de splendeur mêlée d’abomination, honte ou honneur, infime part du vivant, assumons-le.
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Je peux voir le soleil qui m’en donne le moyen, lui-même aveugle à sa propre lumière – il pourrait être Orphée !
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Le poème d’or fait, quel idéal ! Il espère à son revers, sans la voir, la Justice Illimitée dont il est épris – et gravit.
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De la saison en enfer, durable ou brève, regrimper dans l’arbre en fleur du jour, d’où contempler la Belle Printanière…
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Si tu sais ne point, pour vérifier que te suit la silhouette en gloire, te retourner jusqu’à l’instant de l’amour vrai, elle vivra.
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Publié par : xavier bordes | 22 mai 2018

Symbolisme


Symbolisme
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Silence, absence et blancheur
on dirait qu’un ange mal-armé
d’une mourante viole erre parmi
ce que le poète appelait l’azur
des corolles au jardin de la nuit
parti d’un cyprès sénestré de lune
.
Poésie déjà désuète que tout cela !

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Publié par : xavier bordes | 22 mai 2018

Hors les « parenthèses illettrées » !


Hors les « parenthèses illettrées » !
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Cette entrée dans la lumière
avec le premier choc de la
Beauté d’un univers brut
dont il faudra faire un monde
.
Cette expérience violente
qu’il s’agira d’apprivoiser
comment la garder fraîche
à travers la patine des années
.
Et sans elle comment trouver
encor du charme à des jours
que le Temps s’applique à faner
entre les pages de son Livre ?

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