Publié par : Xavier Bordes | 19 octobre 2021

Fatalité propercienne


Fatalité propercienne

Il n’est guère de ceux
Qui ont de douces alliées
Celui-là qui jamais ne peut
Mettre un terme à sa solitude
A dit tel auteur latin oublié
Vérité certes des plus rudes

Publié par : Xavier Bordes | 19 octobre 2021

Aquarelle d’octobre


Aquarelle d’octobre
.
Ultimes tiédeurs d’octobre
Le tilleul est en proie
à l’étreinte d’un grand ange illuminé

Pour un peu l’on croirait
qu’on va entendre au fond du bois reculé                                                                                                                                                                                                                                                        le coucou
et les passerinettes
                                                    au plus épais des oliviers

Qu’avec le soir bleuiront tout à l’heure
les buées suscitées par certain froid croissant
de pur argent ainsi qu’aux temps jadis

quand des pâtures communales
dans le balancement paisible des clarines
vers l’étable rougeâtre aux lueurs capiteuses
faisaient retour les troupeaux de vaches tardives

On n’avait pas alors à s’inquiéter
de la disparition des hirondelles
ni des abeilles décimées par la fréquentation
de fleurs empoisonnées

On n’imaginait pas que disparaissent les emblèmes
d’enfance étroitement noués à notre identité
Le lion le tigre l’éléphant le gorille le crocodile
La gazelle l’autruche ou le rhinocéros

À présent je dois avouer que l’inflexible gloire
et la splendeur des jours (qui dans le ciel d’ici
aux tiges des futaies cristallise la fleur
des cirrus et la limpidité des monts) si loin

de ma tendre Amour par le temps harcelée
se nue de toutes les beautés du désespoir !

Publié par : Xavier Bordes | 18 octobre 2021

Madrigal du point du jour


Madrigal du point du jour

L’aurore a grands traits de lumière
Ordonne le paysage
Les feux des maisons et des routes
déclinent et s’éteignent

Comment rivaliser avec le soleil levant

Ainsi dans mon coeur l’icône dorée
de ma Dame éblouit mon amour
en effaçant l’éclat que je croyais
irradier de mon poème…

Publié par : Xavier Bordes | 17 octobre 2021

Normal


Normal
.
Il y a quelques années
Ezra me disait que les arbres parlent.
«C’est le vent qui fait parler les arbres
ça se voit parce que les feuilles
bougent comme des petites langues».
Un froid samedi d’octobre
soufflait au square Sarah Bernard…
Il disait alors des choses comme ça.
Maintenant il parle de skate,
des jeux avec les filles et garçons
de son âge – nous ne partagerons
jamais plus la même poésie…

Publié par : Xavier Bordes | 17 octobre 2021

Projet courtois


Projet courtois

Ici, me voyez comme en demi-vie :
Mon vrai Soleil est ailleurs !
Vers certaine Belle au coeur de mon coeur,
Toujours mon esprit dévie…

Afin d’illustrer la noble prison
Où m’ont engeôlé ses armes,
Je veux quelque jour décrire ses charmes
Et faire en vers son blason.

Belle au bois dormant, blonde châtelaine,
Mon gracieux rêve éveillé,
Par toi l’univers est ensoleillé
Chaque heure de la semaine.

Ainsi qu’à sa lèvre en son paradis
La rose a goût de rosée,
J’ornerai des beautés les plus osées
La Dame chère à mon Dict !

Les mots garderont vivante ma Muse :
À l’instar de Pygmalion,
Pour séduire Vénus, renard ou lion,
J’exercerai force et ruse !

Tel est, en secret, chez le trobador,
La source de son poème :
Il sent ruisseler sur tout ce qu’il aime
L’influx de sa Fin’Amor…

08/21

Publié par : Xavier Bordes | 17 octobre 2021

Matines


Matines

Quatre heures du matin
À travers le silence ouaté du sommeil
On entend un oiseau lointain
Chanter les louanges de la vérité
Volubile il enjolive l’air
Qui dehors doit être frisquet
Le réverbère du chemin
Embrouille dans la petite fenêtre
Une échevelle de lumière
Qui rayonne telle en rêve
L’icône de la Très-Aimée
À travers ma presque inconscience
Qu’engourdit la pénombre du siècle

Publié par : Xavier Bordes | 16 octobre 2021

Lieu commun en contrerimes


Lieu commun en contrerimes

Comme au chagrin j’étais en proie,
Pour purger mon souci
Je relus l’épique récit
De la prise de Troie,

Pensant, du pauvre Ménélas
Et de sa belle Hélène :
À quel désordre et quelle peine
Tout amour mène, hélas !

Publié par : Xavier Bordes | 16 octobre 2021

Du Collet, avec vue sur la mer…


Du Collet, avec vue sur la mer…
.
Méditerranéen tendu d’azur glorieux
ce jour s’attache à diluer la discrète tristesse
à quoi l’aurore offre la forme de ton ombre
et l’héroïque éclat des cuirasses d’Homère

L’horizon fasciné rime avec les trières
spectrales que je vois faire voile vers Troie
Car je suis moi aussi fort loin de mon Hélène
que je confonds souvent avec l’Ariane de Thésée

au Labyrinthe de mon âme inapaisée !

Publié par : Xavier Bordes | 16 octobre 2021

Naissances latentes


 

Naissances latentes

Analogues aux noms de la divinité sur terre
résonnez dans le septième silence des sphères
Aleph iod lamed hé nun nun
Lettres plus proche de la vie
que même ne l’est notre Amour
souffle vigueur sommeil et songes

Publié par : Xavier Bordes | 15 octobre 2021

…Comme un rêve de pierre.


 

.                                                                « …Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre… » (Ch.B.)

Il est une Beauté objective, dont on se persuade qu’elle serait subjective : de sorte qu’on se force à trouver (par esprit démocratique ?) beauté la laideur pour se consoler de ce que la première soit rare – même inaccessible à la plupart des gens qui rêvent de l’acclimater dans leur travail. L’Annonciation de Vinci / Skull de Basquiat. Les tableaux du second comme le plus souvent dans l’art dit « moderne » ne peuvent se passer de discours critiques justificatifs et laudateurs. Uniquement destinés à faire avaler aux snobs et autres gens à la sensibilité anesthésiée le prix exorbitant qu’on entend faire payer pour de l’horrible. Il s’agit de cacher que le roi-artiste contemporain généralement est nu. Et que n’importe qui faisant n’importe quoi ne crée pas automatiquement de la beauté… Évidemment ça contrarie l’égalitarisme utopique et le populisme forcené en vogue depuis 1965 dans les sociétés occidentales créativement et spirituellement exténuées, désorientées, que leur éthique nourrie de sophismes nuisibles a réduites à se faire, osons le dire, duper par n’importe qui et n’importe quoi, à la condition qu’un habile bavardage pseudo-philosophique (du genre « conceptuel » inauguré par un Marcel Duchamp) déguise et masque la nullité du faiseur et de son « oeuvre », comme certains prétendus génies emballent de feuilles d’or quelques tables de cuisine sous prétexte que ce serait un témoignage admirable de leur art. C’est confondre le fait de « s’exprimer » banal en soi, avec une expression qui réussit à acclimater quelque éclat de la Beauté parmi les humains, événement rarissime et inoubliable.

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