Publié par : xavier bordes | 16 juillet 2018

Nombres inspirés


Nombres inspirés
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En observant l’ouvrage de fines feuilles
dont à profusion la sagesse du jeune olivier
tire sa verte fierté, je songe que le Nombre
a la faveur du vent puisqu’il aime
avec violence ou douceur venir
dans les frondaisons compter les milliers
de petits réceptacles pacifiques du soleil
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Les Nombres se répondent en secret
Ils sont l’occulte charpente dont notre « mère Nature »
tient sa beauté et la vie sa cadence
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Fassent nos neurones qu’il en aille de même
pour la langue ressassée par mon poème

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Publié par : xavier bordes | 16 juillet 2018


Ici le temps s’incarne…
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Ici le temps s’incarne en des essaims de touterelles roses
qui dans leurs touts petits gosiers
s’exercent à rouler des R
On ne sait si c’est pour prononcer plus tard
« éros » « heureux » « heure » ou « horreur »
selon les nouvelles du monde
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La brise qui a posé ses désirs de diamants
sur les fleurs du laurier
fait les sans cou et sans tête au coeur des chênaies
puis s’apaise en allant défriser les chevaux de la mer
dont le sommeil avait emmêlé toutes les crinières
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La lumière enveloppe les mouettes
blanchies à force de planer dans l’odeur du sel
que répand l’infini d’un bleu éblouissant
Soudain l’on se sent revenu sur les rives d’Homère
au pays des héros, des dieux et de ces pierres
que les hommes dressaient à leurs rêves de grandeur
de puissance et d’immortalité

 

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Publié par : xavier bordes | 15 juillet 2018

Âme et conscience


Âme et conscience
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Un soupçon traverse ainsi qu’une
demoiselle blanche aux élytres battantes
l’étendue de lumière qui reflète les choses
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C’est être seul face à l’étang avec la joie
d’une colonne d’insectes tourbillonnants
qui ne savent que faire de trop d’azur alentour d’eux
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Ce chien au loin qui faiblement réclame
Ces lauriers tendus pourpres comme s’ils exigeaient
pour eux seuls les lèvres caressantes de l’aurore
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Ces sauges et verveines invisibles mais insistantes
par le mirage de l’air omniprésent
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Tandis que ceux qu’on aime dorment encore
sans conscience de ce qui fut hier
ce matin est radicalement autre
malgré sa ressemblance avec tes souvenirs
Publié par : xavier bordes | 15 juillet 2018

À la charnière de l’oubli


À la charnière de l’oubli
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Parmi le tourbillon des choses rêvées
ton visage en filigrane à peine discernable
sur fond de ténèbres t’observe
L’expression de son masque est d’un étranger
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Périodiquement à ton oreille
le bourdonnement d’ailes de l’ange au pelage tigré
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te menace et te rappelle au monde
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Pourtant immatérielle
sa main sûre te guide une nouvelle fois
vers l’aube et les amours des oiseaux

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Publié par : xavier bordes | 14 juillet 2018

J’ai vu dans le cèdre…


J’ai vu dans le cèdre…
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J’ai vu dans le cèdre plaintif l’oiseau cendré que son cri désespère
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S’il volète jusqu’aux chênaies, silhouette ailée parfaitement ordinaire
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Aucun compagnon pour l’accueillir ou l’escorter – il reste solitaire,
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Pareil à cette vague seule entre toutes casquée d’une houppe d’écume
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Quand elle va, ainsi qu’un forgeron martelant des fers sur son enclume,
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Claquer, reclaquer contre quelque glauque écueil affleurant sous la brume !
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Bien sûr, tu songes à la piteuse endurance rythmée qui habite les poètes,
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À leur inlassable ressac de mots, figures, métaphores, rimes toutes prêtes :
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Eux seuls à penser qu’armé de blancheur, braver un obstacle est une fête !
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Publié par : xavier bordes | 14 juillet 2018

Encore un peu


Encore un peu
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La blancheur des dalles ravivée par le timide
cliquetis d’une averse qu’a bien vite tarie
le friselis aigu des oiseaux dans les feuilles
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Pieds nus dans l’aurore de mon pays
je me hasarde l’âme encore endormie
cétoine qu’attire un parfum de rose
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Du gazon détrempé dont la fraîcheur picote
monte une odeur de terre mouillée
et des moiteurs de jouissances végétales
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Tant que le réchauffement climatique
n’a pas rongé le globe jusqu’au squelette
profitons encore un peu de Mère Nature !

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Publié par : xavier bordes | 13 juillet 2018

Vendredi 13 juillet 2018


Vendredi 13 juillet 2018
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Ce léger flip flip flip c’est la frimousse
consciencieuse du chat
qui lappe son lait
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Au-delà le concert des oiseaux passionnés
par le pinceau de l’aube en train de restaurer
le vert des arbres feuille à feuille
Et de la vallée sourd une faible
rumeur de moteurs qui peine
à remonter les pentes jusqu’ici…
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La fraîcheur de la nuit s’attarde sur la peau
comme si l’on s’était roulé dans la rosée
Mouches et moustiques dorment sous les herbes
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Au loin luit une épingle qui est la mer
La mer que j’aime L’immémoriale Méditerranée
limpide et pourtant jamais respectée
La mer déchirante et déchirée
La mer des naufragés !

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Publié par : xavier bordes | 12 juillet 2018

Vert pacifique


Vert pacifique
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La verveine te dévisage
de toutes ses feuilles elle espère
verdir la décoction embaumée
qu’au son joyeusement lancinant
des cigales tièdes
tu vas boire avant ta sieste
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Sur la porcelaine de la tasse
une petite vache en délire
joue des quatre en ruminant une marguerite
Le coup de pinceau est vif
un rien maladroit et drôle
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En terrasse mon petit-neveu discute
sagement avec sa grand’mère
J’entends vaguement leurs voix
de l’autre côté de la porte-fenêtre
L’olivier au-delà de temps en temps
se penche pour écouter Un avion
traverse un nuage du ciel lointain
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Je ne croyais pas qu’il pût encore exister
un endroit aussi paisible sur la planète
Le goût de la verveine me ramène
en une autre époque et l’olivier se balance
en signe que nous sommes amis

 

 

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Publié par : xavier bordes | 12 juillet 2018

Nouveau monde


Nouveau monde
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Lavées de leurs rêves
à l’aube les îles de cristal rose
s’éveillent aux chants
que de tous les horizons
leur apporte inlassablement la mer
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Le crabe hirsute grimpe au cocotier
Il va décrocher en guise de lune
quelque grosse noix brune
qui recèle un intérieur
pur et délicieux
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Les feuilles des daturas
sans la moindre brise agitent
leurs cloches – parfums d’iode jasminé
sous l’altitude bleu sombre
dont écumes et nuages
scellent les deux abîmes
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La création surgit alors
dans les yeux verts et vertigineux
de l’Amante qui – te donnant
la main – se berce au rythme du voyage
que le Temps et son coeur lui scandent à l’oreille…

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Publié par : xavier bordes | 11 juillet 2018

Mutatis mutandis


Mutatis mutandis
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Excepté peut-être en ce qui concerne
les oiseaux – quelle aberration,
quel aveuglement de penser
que les autres vivants soient
dans la vie mieux lotis que nous !…

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