Publié par : xavier bordes | 31 décembre 2017

Décharge et dernier feu


Décharge et dernier feu

.

Sur la terrasse le froid singe la moutarde

Il vous monte au nez, vous fait éternuer en plein

contrepoint des oiseaux interrompant

le bavardage des pies familières qui d’un coup s’essorent

vers les pins avoisinants

.

C’est donc le dernier matin de l’année

qui roussit à l’horizon et laisse en bouche un goût

de fumée, une odeur de cramé

comme si secrètement dans un recoin du parc

se consumaient les os et chairs de qui nous fûmes

.

Bien entendu ce sont de ces folles idées

qui traversent les esprits névrosés des poètes

en réveillant leur sensibilité toujours exacerbée

On sait bien que le passé n’a pas besoin de flammes

pour disparaître en ne laissant qu’une ou deux

.

guirlandes impalpables dorées par le souvenir

ainsi qu’un sapin de Noël qui vient de faire son office

et qu’on envoie une fois la fête finie

à la décharge où s’entassent en brasillant les objets obsolètes

qu’on jette sans pitié quand ils nous ont pourtant fidèlement servis

.

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