Publié par : xavier bordes | 3 juin 2019

Papillon blanc


Papillon blanc
.
Une gare en pleine forêt – j’imagine ainsi
la Halte : une gare en pleine forêt avec sur le quai
une petite fille blonde en robe blanche
qui attend on ne sait quoi en chantant et sautant
à la corde Un oiseau bleu peut-être
ou quelque train rouge et noir improbable
à voir comme ce lieu sévère et charmant à la fois
paraît désaffecté Sombres alentour les sapins ont grandi
certains même ont envahi l’ancienne route
et près de la voie-ferrée rouillée des pousses
émergent d’entre les pierrailles du ballast
.
Si l’on prolongeait jusqu’à l’endroit en Y
où bifurque une voie de garage parmi les épais buissons
on trouverait sans doute quelque locomotive
abandonnée qui réjouirait mon petit-fils
Pour un peu il y aurait même une paire 
de wagons aux vitres brisées à la peinture écaillée
Sur les sièges avachis les derniers magazines
laissés par les derniers voyageurs y moisiraient encore
couvertures aux photos pâlies par les saisons
.
Comme Ezra finalement j’aime les lieux abandonnés
Tout y semble plus beau quand c’est reliques de présences
silence des oiseaux et de la lune dans les arbres
avec – qui voltige au fil d’une comptine
d’un coin à l’autre du quai délaissé par le temps –
une petite fille gracile et fantasque ainsi qu’un papillon blanc

.

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