Publié par : Xavier Bordes | 6 juin 2020

Cantus firmus – 04/05/06


04.
*
Toujours tu restes épris
de l’oiseau ailé de branches
merveilleuses aux plumes d’arc-en-ciel
Qu’il soit capable de dévoiler du bec
comme on tire un rideau de théâtre
une lune qu’à y regarder de près
on découvre être notre Terre,
cela gonfle d’espoir le coeur
avec la force cuivrée d’une fanfare
Aussitôt des rivières illuminées
enchâssent un paysage d’oliviers, de pins, vignes,
moissons et reliefs lointains bleu-lavande
Dans les prés des vérités fleurissent
écarlates coquelicots ou discrètes
giroflées au parfum angélique
Les corbeaux passent d’un arbre
à l’autre comme des prêtres en soutane
les étapes d’un chemin de croix
Avec l’odeur d’embruns
et de méduses séchées au soleil
il arrive qu’une mouette
égarée dans la lumière inaugurale
nous survole puis retourne vers la mer

.
05
*
Ailé de nuages et de vergers en fleur
amandiers cerisiers pommiers arbousiers
Avril a déroulé pour Mai ses tapis prasins
discrètement piquetés d’ail des ours
et costumé le paysage en Arlequin
Un homme effrite dans ses doigts
la glaise rouge au bord de son champ
Entre les rangées de pampres une femme
et un garçon pulvérisent de la bouillie bordelaise
sur les jeunes feuilles et leurs vrilles ornementales
Au village la cloche d’une horloge a sonné
Des vieilles en noir ont clopiné vers la place
du marché Étals colorés légumes poissons luisants
Criées multiples des maraîchers, bouchers,
quincaillers, poissonniers, vendeurs de miel,
confitures, essences de fleurs… Bref. Les bruits
vifs et rassurants d’un microcosme
sur lequel souffle doucement l’illusion
d’une brise d’éternelle joie…

.
06
*
Lente floraison des mots et leur nuée
d’essaimer tel un vol de sauterelles
dévorant toutes les feuilles à leur portée…
Mots aux corsets noirs qui feignent
de créer un monde par le lys et la mer
Mots qui’effacent les sables du temps
mais qui sont incapables de mourir
Comment aimer ces mots qui sont
une des sept plaies d’Égypte – réactualisée !
s’écrie le scribe au roseau asservi :
calame encre et papyrus, pour cette légère
égratignure à la surface du silence
analogue au grattement d’un ongle
sur la peau qu’un prurit exaspère !

 

.


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