Publié par : Xavier Bordes | 7 juin 2020

Cantus firmus – 07/08/09


07.
*
Cet être d’argile, ce profil de boue, le voici
debout ! Chevelure ou casque d’or,
Aphrodite ou Arès, l’une née
du bivalve de la mer à l’écume sacrée,
l’autre exvaginé d’une amphore d’airain
par le Messager aux talons ailés…
D’une part la chair que le sort a divisée
De l’autre l’enfant qui sur ses petites
jambes trotte mains potelées proportions
adorables et tendresse d’un regard confiant
Synthèse de deux rêves en un seul réunis.
.

08.
*
À cause des lèvres fertiles de l’amour
.
À cause du paradis vert entrevu dans les yeux
d’un être à qui notre âme est enchaînée
.
À cause de cette respiration en nos poumons
qui est la cousine du vent oxygéné, du nuage
exhalé dans la fraîcheur de la nuit finissante
.
À cause de l’aurore dont la roue lentement
se pavane du rose au vert, du pourpre au bleu
par la fenêtre sans volets réveillant le dormeur
jusqu’alors inerte comme un madrier
.
À cause des cris euphoriques des oiseaux
sur la mer des mouvantes frondaisons
lorsque l’espace bleu qui démange leurs ailes
grise leurs petits coeurs rapides
au point qu’il ne tiennent plus en place,                                    .
À cause des envols de dauphins
éclaboussant la surface de l’étincelant infini
et du plaisir aisé des poissons au sein
de l’altitude liquide où les algues caressent
amoureusement les ruines festonnées
des Atlantis et les épaves naufragées
.
À cause du soleil qui dore généreusement
les façades, les forêts, les falaises
que viennent battre les jupons
de guipure des vagues dansantes,
du soleil qui descend consulter les champs,
les moissons, et recenser les épis tendus
les herbes les fleurs les gemmes de l’aigail
.
l’on vit dans l’oubli que mourir existe…
.

09.
*
Donnez vos mains chers enfants, regardons
les sortilèges du soir au-dessus de la mer
.
Comme est mince ton poignet ma fille
et frais ce marbre veiné de bleu – ta peau !
.
Débordée de fleurs sauvages tu ne sais
comment choisir les reines d’un bouquet.
.
Et toi mon fils toujours ardent – révolté –
prêt à bondir sur le moindre instant de liberté
.
Donnez vos mains chers enfants, regardons
les sortilèges du soir au-dessus de la mer
.
Ne croyez pas que ce sont
au fond du ciel indigo des récifs de corail
.
ces nuages qui épongent le couchant
et se parent de lueurs fantasmagoriques
.
Fille et garçon par les raccourcis du temps
La Belle vous suit des yeux tendrement
.
C’est à travers ceux que l’on aime
que notre mémoire affine son histoire
.
Donnez vos mains chers enfants, regardons
les sortilèges du soir au-dessus de la mer


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