Trois images

Parabole


Cette rage de lutter contre la disparition des choses

en rêvant de les répertorier avec des phrases

indéfiniment inachevées comme ces palais d’Inde

construits dans les sables et dont on ne sait si les murs

esquissés n’ont pas encore été dressés ou sont ruinés


Avec sculptures serpentines d’ombre et de soleil

et toute la geste humaine en bandeau sur le pourtour

continué dans les songeries d’un architecte disparu

Et dans le coeur obscur une fois franchi l’un des quatre

porches éléphantins couverts de runes le secret pur


Chambre vide avec tombée de feu froid par la coupole

Pour nos yeux éblouis la forêt de piliers à peine discernable

Où les singes assis s’amusent en craquant des cosses

entre leurs longues dents que découvre un faux sourire

et s’éparpillent brusquement comme un envol de siècles


L’alchimiste


Il est celui qui reconnaît ce qu’il n’a jamais connu

Les palmes blanches dans la neige rose des plages

La musique qui flamboie dans la nuit des nomades

Le chien noir qui affiche des prunelles d’escarboucles


Celui qui écoute le dégel et la fonte des choses

Le passé qui flue comme un camembert de Salvador Dàli

Le cri des fleurs en rut qui bâillent vers le ciel


L’odeur des vies anciennes qui erre dans l’escalier

Il est celui qui écarte résolument le rideau de la pluie

pour voir enfin la lumière en sa splendide nudité


Celui qui cherche un trèfle à quatre feuilles sous la mer

A l’endroit où la sirène a passé en laissant un sillon d’étoiles


Est-ce poème…


Est-ce poème cette chose déchirante et déchirée

bribes et ruines comme tessons retrouvés dans le sable

et qui disent des dieux perdus des temples enfouis

des cités et des hommes diaphanes dans ta vision


Leurs amours eurent lieu tout autant que les tiennes

âpres et violentes malgré le paradis des corps

ou grâce au paradis des corps, peut-être, à la soif

qui rend étincelle et splendeur à l’intime et au caché


Puis ils se sont couchés le poète dirait : vêtus

du linceul étoilé de leurs nuits fiévreuses dissidentes

la face dans la terre ils ont sondé d’un regard sans regard

l’abîme d’éternité de ce monde qui sans nous n’en finit pas

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