Publié par : xavier bordes | 22 avril 2018

En rade


En rade
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Voici ce dimanche tranquille et pacifique comme un port
Les reflets sur l’eau huileuse s’entrecroisent
parfois ocellés d’une nappe de fioul irisée
Chaque bateau voilier yachts youyous ketchs divers
demeure bateau comme mon poème
s’applique à demeurer poème
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Bien sûr les mots de leurs étraves font songer
aux bleus horizons de l’Ailleurs La Néréïs
Toa ataahua – Fleur des Marquises – The Buccaneer
Lion of the seas – Bel Atlante – Macao II – et tant d’autres
sagement rangés côte à côte le long du quai blanc
dans le clapot brisent, raboutent, leurs mâts symétriques
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Ainsi les vers étagés qui tremblent parallèles
comme en le ciel de l’eau l’image segmentée
d’une haute voile obscure à contre-jour
disloquent et ressoudent indéfiniment un monde
dont la cadence de ma langue est l’incertain miroir
traversé d’éclairs de soleil ou de clignements de lune

 

 

 

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Publié par : xavier bordes | 21 avril 2018

Climat déréglé


Climat déréglé
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La viorne a fleuri
très en retard cette année
Tous les bouvreuils boudent

 

 

 

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Publié par : xavier bordes | 21 avril 2018

À rebrousse-âme


À rebrousse-âme
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Ce sont des choses qui arrivent
comme cette impression de solitude qu’apporte le mistral
On ne sait pas quel nuage manque à l’azur
Le souffle de l’absence emporte les fantômes
avec la même aisance que la poussière des chemins
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On se sent l’âme rebroussée à la manière d’une vague
qui refuse de retourner vers le large sans s’être
délestée de son fardeau d’écume sur la grève
À l’angle des fenêtres on entend siffler et geindre
dehors un elfe exfermé qui voudrait entrer
.
Croit-il que sa liberté serait plus vaste à l’intérieur?
Croit-il au charme intime de la somnolence qui me gagne
tandis que les doigts d’or du soleil de treize heures font leurs gammes
sur les rémiges d’oiseaux râleurs incapables de se poser?
Croit-il qu’il pourrait pénétrer dans l’espace infini de mes rêves?
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Ce sont des choses qui arrivent…

 

 

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Publié par : xavier bordes | 21 avril 2018

Tégénéré !


Tégénéré !
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Quelle mélancolie profonde cette idée
que nous ne nous reverrons plus
Que la membrane transparente de l’Ailleurs
de moins en moins pénétrable,
de plus en plus résistante nous sépare
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Ce matin une magnifique araignée
m’attendait au frais dans l’évier
Je l’ai posée dehors par la fenêtre
de la cuisine et je lui ai tourné le dos
Elle était grande avec des points jaunes
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Une tégénaire sans doute En faisant
le café je suis resté distrait méditant
sur cette visite avec un brin de tendresse
envers la nature qui a été capable
d’élaborer une forme de vie si complexe
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un petit astre obscur avec tant de pattes
si miniaturisé, pourtant si intelligent
qu’après avoir gravi sagement ma main
il a su s’évaporer en un clin d’oeil
de la paroi blanche et nue du mur

 

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(Jour de la Terre – 22 avril 2018)
Publié par : xavier bordes | 20 avril 2018

Mai pour la Terre


Mai pour la Terre
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Tu n’as pas cueilli
le brin de muguet sauvage
T’aimera-t-on moins ?

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Publié par : xavier bordes | 20 avril 2018

Crème de nuit


Crème de nuit
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Deux yeux d’un bleu profond
Un souffle soulève des cheveux
Le doux défi de mai anticipé
Publié par : xavier bordes | 20 avril 2018

12 avril (2018)


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12 avril
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Le bouleau verdit
Dans la toile de l’épeire
Oh – un moucheron !
Publié par : xavier bordes | 20 avril 2018

Méconnaissable


Méconnaissable
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Papier lisse et nu café amer
Le souvenir du pzipzipzi d’un oiseau bizarre
entendu hier dans les arbres de la placette
près de la fontaine Wallace
Il y a là quelques bancs verts sur lesquels
se reposent un moment des passants
Et un peu en retrait un restau-pizzeria vitré
assorti de tables en plein-air
Ce printemps soudain ressemble à l’été
Pour les dames, il rime avec décolleté
Les visages ont des expressions nettement
moins crispées Sur eux-mêmes les pigeons
font leur cour en tournant devant les pigeonnes
qui picorent le pavé aux motifs décoratifs
Des parfums à la mode traversent l’atmosphère
Autour de nous les gens semblent rajeunis
mais lorsque je me regarde dans la vitrine
de la banque je ne vois toujours qu’un vieux
avec son vieux visage et son vieux coeur…

 

 

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Publié par : xavier bordes | 19 avril 2018

Jour de satire


Jour de satire
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Jour de satire ! Jour de fulgurances indignées
contre la sottise et l’hypocrisie des sociétés humaines !
Les premiers à hurler contre « l’exploitation de l’homme
par l’homme » en brandissant leurs écrits idéologiques,
sitôt parvenus au « pouvoir » se changent en esclavagistes
et n’ont même plus l’ambition de faire malgré lui
le bonheur du peuple asservi ! Pourtant aujourd’hui,
c’est le beau temps et le soleil qui entrent par ma fenêtre.
En allant faire les courses, on croise des chérubins
proprets, mignons, avec des yeux candides et néanmoins
de caractère affirmé : des fillettes avec des couettes,
qui tiennent absolument à pousser elles-même le landau
où gazouille le petit frère ; des garçonnets intrépides
qu’on ne peut pas perdre de vue une seule minute,
et qui regardent avec admiration la moindre Kawasaki
garée sur le trottoir… Voici les rangs d’une « maternelle »
qui sort de l’école : deux par deux se tenant par la main,
avançant à la queue-leu-leu, leurs jolies têtes parallèles
concentrées ou distraites. À la lumière leurs cheveux
brillent du même éclat moiré que les fibres de bois poli
par la cire du temps aux panneaux d’armoire des aïeules.
« Jeunesse – que tes cheveux sont beaux ! » s’écriait
le poète grec ! La brise qui enfile la rue par instants
les ébouriffe, et paraît vouloir, à travers toute la cité,
cueillir et répandre comme elle fait aux champs avec
le duvet des pissenlits, la grâce harmonieuse de l’enfance.

 

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Publié par : xavier bordes | 19 avril 2018

La « fin (fictive) du castrisme »…


La « fin (fictive) du castrisme »…
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C’est étrange comme les « démocraties » communistes
soi-disant socialisantes tournent irrésistiblement
aux dictatures familiales, fascistes et héréditaires,
dont la soi-disant « dictature du prolétariat » est le faux-nez.
Chaque fois le libérateur prétendu, la main sur son fusil,
l’autre sur le coeur, pose sur des affiches qui aboutissent
à l’oppression et à son enrichissement aux dépens du peuple…
Au nom de ses « bonne intentions », par « conscience de classe »,
après avoir volé aux « riches » tous les biens qu’il convoitait,
il massacre, il torture sans pitié, il pressure les pauvres gens,
bien plus misérables que sous la « présidence tyrannique »
à quoi le Libertador ou le Wěidàdeduòshǒu* ont mis un terme.
Et ce sont d’interminables discours où le nouveau tyran
s’écoute – et plus il parle plus on sent qu’il se sait illégitime.
Et plus les années passent et plus il devient sanguinaire.
Mais certes « l’ordre règne ». La nomenklatura aussi.
Et le peuple indigent est content d’avoir été libéré du tyran
précédent dont une propagande obsédante et multiforme,
orchestrée par les « libérateurs », a si bien noirci le souvenir !
Désormais, les endoctrinés sont tous égaux dans la même
pénurie, chacun est donc heureux, qui n’a plus rien à dire.

  • Le Grand Timonier

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