Publié par : Xavier Bordes | 22 septembre 2021

Vaines rêvasseries


Vaines rêvasseries
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Pensées traversant les nuages      pour rejoindre ce bleu qui      d’une unique étendue plane sur les peines      de la Toute Dévouée au loin      veillant l’aïeule assoupie      au son de la mer intranquille

Pensées qu’on voudrait ondes      effaçant l’espace      pour se joindre à la lumière d’orient      qui de son or moire la chevelure de l’Unique      éclaire sa conscience      ensemence son chagrin      d’une vaillance innée

Pensées réduites à tourner dans leur proche lointain      telles ces buses     assidues à leurs cercles d’azur jalonnés de cris plaintifs      anxieuses d’entrevoir le signe furtif      qui va leurrer un instant leur faim !

Publié par : Xavier Bordes | 22 septembre 2021

Premier jour de l’automne


Premier jour de l’automne

La poésie, en un vaste espace de solitude, mesure mieux la force de ses amours, éprouve de manière plus exacte les choses humaines – et endure, endure !

Que tes poèmes soient aussi bien les perles éparpillées d’un collier brisé que le chapelet intact dont le fil est imperceptible aux regards distraits.

Le risque de remêler mes atomes au monde est une éventualité dont le seul inconvénient que je ressente est de devoir quitter ceux qui me sont chers…

De la poussière des rencontres d’une vie, l’âge ne retient dans son tamis que les personnes dont l’être, les actes et les sentiments, nous ont appris à aimer.

La poésie, quand on parcourt son univers de solitude intérieure, évoque le recoin d’un parc hanté des images de l’Aimée, qui brûlent comme des orties.

Le poème, à mettre trop en relief le sentiment amoureux adolescent en lequel est enracinée son origine, frise constamment à la fois la vérité et le ridicule.

Publié par : Xavier Bordes | 21 septembre 2021

La vie et l’illusion


La vie et l’illusion 

Stalagmite formée des fragments
de nos rêves tombés du ciel
la baigneuse de marbre aux rondeurs nues
vient de sortir de l’eau
surveillée par l’explosion acérée
des yuccas aux glaives divergents
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Linge de pierre en la main droite
elle continue fixement d’essuyer
son genou mieux poli qu’un galet alors que
dans le dos de sa blancheur minérale
illusoirement vulnérable
se tendent les vertes dagues du désir
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(D’un désir inconscient de sa faiblesse
comme l’espoir l’est de son impuissance)

(Parc de l’Upiane – 18/09/21)

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Publié par : Xavier Bordes | 21 septembre 2021

Ascension rétrospective


Ascension rétrospective

Versants aux herbes rares et hautes gentianes !
Nous plaisait le fort vent qui pèse aux omoplates
ainsi qu’un bras puissant qu’on sent mais ne voit pas

Il s’agissait de grimper parmi la pierraille qui roule
sifflés par les marmottes mécontentes

De grimper vers l’arête où s’attarde à nous narguer
un nuage obèse comme un zeppelin
pendant que nous scrutions incessamment la voie parfaite

L’itinéraire entier à concevoir avec détails
inscrits au flanc âpre de la matière et de nos mémoires
ainsi jalonnées d’autant de repères

que la faille à la faveur de laquelle
après notre irruption

hors du nid moelleux et salé de la Nuit Première
nous gravissons l’abrupte réalité du présent
jusqu’à ce sommet qui est aussi notre fin

Publié par : Xavier Bordes | 20 septembre 2021

Amour sourcier


Amour sourcier
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En avançant à travers le paysage
qui pourrait aussi bien être celui de ta vie
ou disons le panorama de ta mémoire
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sitôt que tu pénètres un peu profond
dans la pénombre forestière tu découvres
que sous le poids de tes pas le sol moussu souvent
cède un peu et laisse surgir l’eau limpide
d’une source où vient se jouer un doigt de soleil
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Un oiseau s’envole alors annoncer partout
la nouvelle Entre les frondaisons un nuage curieux
pointe son nez bourgeonnant Au pied d’un tronc
trois cèpes fêtards béret penché sur l’oreille
se félicitent du jaillissement murmurant
de cette transparence vive qui se renouvelle
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Ainsi se fait-il – à chaque instant de l’existence
qu’il m’est donné de vivre auprès de ma Blonde –
que jaillisse de la mousse plate et quotidienne des années
un pur élan d’amour – toujours inattendu !

Publié par : Xavier Bordes | 20 septembre 2021

Séparation d’août


Séparation d’août

Cadence des traverses – balang/balang   balang/balang  sous les bogies
Rochers éteints Tombants rouges des calanques
surgissaient à la fenêtre du train puis s’effaçaient à mon insu
alors que je songeais à mon Amour
demeurée en arrière
Et la songerie diaphane se dévidait du cocon de mon coeur
irisé fil de soie qui me reliait à Elle
Fil de pureté soyeuse subtil comme un parfum
lequel pour si fin qu’il parût
était aussi peu de nature à se rompre
que le fil de Clotho jusqu’au coup de ciseaux d’Atropos…

Publié par : Xavier Bordes | 19 septembre 2021

Azur parabolique


Azur parabolique
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Paradoxe de qui se livre à une activité superflue, de peu d’intérêt pour la plupart des gens, pour lui-même cependant impérieuse, indispensable, comme imposée par une transcendante nécessité que rien ne justifie…
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C’est le pin dont le mistral fait murmurer, voire gémir ou chanter, la couronne vert-sombre au gré de ses sautes d’humeur, sans s’inquiéter d’aucun consentement préalable, ni se soucier de l’avis des écureuils et des oiseaux.
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Contrefaisant la vivacité d’une source, le bruissement du torrent, l’invisible s’attache à exister grâce à la profusion des feuilles, quitte à les disperser et accumuler dans tous les recoins de la cité quand vient octobre.
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Désirs des printemps verts, amours dorés des étés, passions pourpres des automnes, chasteté forcée des hivers, le mistral secoue du même mouvement toutes les saisons, pour restaurer chaque fois l’azur dans son infinie pureté.

Publié par : Xavier Bordes | 19 septembre 2021

Ineffable alchimie.


Ineffable alchimie.
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De tous côtés, sur tous les continents, ça parle, incontinents bavardages humains parmi lesquels on ne trouverait pas une once de poésie !
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Les comités de polémiques politiciennes composent l’écho mité de phrases destinées au vain bonheur des médias attrappe-tout.
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Sept milliards de points de vue différents sur les choses, d’actions interférentes, de situations chaotiques, des passions aux prises entre elles comme se contrebattent les vagues face aux écueils du Réel.
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Insolite constat que seul l’âge confirme : à savoir que tout finalement se ramène à l’a m o u r , au point qu’il transcende l’affaire des sexes et de la procréation – dont il émane.
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Rien de tel que solitude et distance d’avec l’être aimé, pour évaluer la résistance et la densité de ce qui nous lie…
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Telles ces barques ensemble retenues par un filin, et qui parmi les reflets se cossent au rythme des événements, plus ou moins fort selon l’agitation du port !
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D’un rayon paille, l’aube aux lèvres roses aspire les flaques de nuit – tandis qu’un Souffle vient de l’originelle mer récolter sur l’aiguail l’icône d’Aïlenn diffractée par les rosées !
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J’aurai tenté qu’à travers moi la poésie  v o i e, davantage qu’elle ne juge.
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Publié par : Xavier Bordes | 18 septembre 2021

Un peu de noir sur du blanc


Un peu de noir sur du blanc
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À quoi, à qui obéis-tu en écrivant ceci
qui du fond de ton esprit exige d’apparaître
en signes noirs à travers une surface immaculée
comme neige avant qu’y soit passé le trappeur…
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La piste sombre de ses pas s’éloigne et s’enfonce
dans le silence blanc d’une immense forêt d’hiver
Disparu le vieil homme ! On n’aperçoit plus rien
de sa stature courbe avec sa vieille Betsy en travers
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du dos et la queue qui balance au gré de sa démarche
depuis la toque fourrée de renard sur son crâne
Il n’existe plus que le fouillis griffu des branches
doublées de leurs manchons de neige et d’abandon
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Lui est parti en emportant le vent glacé qui s’ébrouait
dans les arbres et faisait choir des paquets ouatés
Il est parti comme s’en vont inspiration et courage
lorsque plus rien ne retient l’aventurier solitaire
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Ni heureux ni malheureux d’avoir enfin disparu !

Publié par : Xavier Bordes | 17 septembre 2021

Impromptu pour A.


Impromptu pour A.
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Ce nuage très haut contre le soleil
peut-être l’aperçoit-Elle aussi
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Lui suggère-t-il la lumineuse nébulosité
de mes tendres pensées
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Ses pétales de vapeur blanche
pourraient figurer un bouquet de lis
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J’aurais aimé être à le lui offrir
à travers son regard transparent
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Pour honorer la perfection de son amour
que n’a jamais su égaler celui que je lui porte !

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