Intermède orageux
A qui appartient ce troupeau sauvage d’éclairs, ruant et secouant leurs crinières, qui rôde derrière les chênes, au fond du parc ? L’orage en grondant les recherche. Il fait claquer son fouet d’averses parmi les feuillages. L’air sombre dissimule sous les branches basses une pie qui lisse sa plume.
Dans la brume les montagnes dressent des châteaux fantasmagoriques. Un rayon tombe d’un coin de ciel bleu pour signaler qu’il est temps pour les météores d’aller brouter d’autres pentes. Le silence, ponctué du bruit des arbres qui s’ébrouent
Et du plic-plic des gouttes qui tombent de feuille en feuille, invite les oiseaux à reprendre leurs trilles. L’air rafraichi sent l’ozone. Les ruisselets ragaillardis bondissent entre les cailloux, vernis par la lumière en train de s’affirmer.
Au bord d’un nuage enflammé qui se recroqueville ainsi qu’une page dans l’âtre, une touffe de soleil radieuse s’agrandit. Quittant ton abri de fortune, tu vas pouvoir partir à sa rencontre et de cet épisode, en te promenant, tirer peut-être un nouveau poème.



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