Automate
L’enfant a remonté le ressort avec la clef carrée. Posé la boîte sur le sol. La mécanique s’est mise en route en chantonnant avec une succession de pincements cristallins et sur cette mélodie la petite danseuse, d’abord s’est inclinée, puis redressée en tournant sur elle-même, levant gracieusement les bras au-dessus de sa tête.
Fascinant ! Fascinant, l’être minuscule, vivant et dansant ainsi sur son socle-miroir qui révéle, à l’envers de son tutu, jambes et cuisses déliées ! Cette boîte, l’intérieur du couvercle peint d’un décor d’opéra, rideaux écartés, perspective de scène, lac et cygnes blancs dans le lointain, contient-elle lorsqu’elle est close l’éternité ?
Ouverte, son silence cesse, les grâces tournoyantes de la figurine au chignon blond raniment instantanément la petite mélodie. On entend les secondes, sous le cliquetis, tinter discrètement. Puis elles se distendent, la vie ralentit comme si le monde environnant accélérait. Et l’enfant pressent, d’instinct, qu’il est en train de vieillir.



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