LIBRATION
Une voix, parfois indistincte, comme d’une forêt en ruine. Elle montait plus haut que ne se décroqueville la fougère solaire. L’azur même pâlissait par manque d’oxygène, à pareille altitude.
Pour ma part, il me suffisait de l’entendre bruire comme un incendie aux cimes des chênes et des pins. Ma passion de l’aube, sans doute, des ondes vertes qui éclairent l’horizon, font onduler
Comme des tapis, au balcon du ciel, des nuages aux motifs peints à fresque, traversent les eaux, les moissons, réveillent les ramées : le plus beau, c’est au printemps, le timbre frais des mimosas en fleur.
Nous saisit-elle, que nous voici frénétiques, comme nageant à contre courant de la rivière blanche où nous avons dormi. Puis, apaisés, nos corps s’abandonnent à la dérive du radeau, tandis que le soleil insinue un doigt ou deux par la persienne…
Une manière de tenir en échec, à coup de paradis, les mauvaises vibrations qui travaillent la cité au quotidien… Tout à l’heure, quand nous aurons fait entrer la lumière dans la chambre, n’oublie pas d’éblouir le jour avec ta chevelure au parfum de foin, d’esparcette et de sainfoin !



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