Publié par : Xavier Bordes | 8 juillet 2012

NATURALITÉ


 

                     

                                 NATURALITÉ

 

 

Graviers plats et clairs au clapotis de la rivière, vous n’avez connu que les pieds nus des nymphes à peau douce et le fléchissement des cannes sous la brise.

 

Discernés dans la prairie, sauge et marjolaine, sariette et fenouil, thym et basilic, absinthe origan estragon, ces noms odorants figurent notre refus de renoncer à la nature.

 

La corne du bélier, la pince du crabe, chacune à sa façon effiloche et déchire le nard des nuages pour qu’au fond de l’immense éther, respirent les étoiles, étamines réservées aux abeilles de la pensée. 

 

Peu m’importent l’Unicité Cruelle et ses cathédrales fabuleuses : j’ai mes dieux. J’ai mes fées. Où qu’ils dansent, juste au-dessus du visible, se répand une ambiance d’oseille et de mélisse.

 

Seul j’entends les sistres de la cascade, les cordes acides des lyres, les diaules aiguës faufilant la psalmodie. D’invisibles Ménades vendangent les vignes de mes rêves, bouclées comme des grappes.

 

Seul j’aperçois parfois le pied ailé d’Hermès disparaître dans le vent qui rebrousse les hautes herbes et les feuilles des oliviers derrière la colline où l’aurore enflamme la mer.

 


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