QUE DEVIENDRONT-ILS
Comment expliquer la parenté de ces restanques avec mon regard ?
Cette familiarité de leur disposition de pierres sèches, entre lesquelles un jeune pin a fini par s’enraciner et devenir immense après des années, me touche comme le vieux mur d’un mazet où logeraient des hirondelles.
Il ne reste plus grand’chose du paysage civilisé de jadis, avec ses vignes étagées, ses champs de lavandes où le ciel avait déteint. L’on y croisait parfois une cistude qui, paisible, se hâtait vers quelque ligne d’arrivée.
Par-ci par-là un bouquet d’anis vert rafraîchit un courant d’air, par la fenêtre du petit bureau. Pétrifié par l’âge, un vieillard y rêve, le regard perdu dans les lointains.
De temps à autre, d’une écriture tremblante qui ne doit rien à ses rides, il consigne des mots émus sur un papier qu’il froisse aussitôt en boule et jette dans une corbeille en osier.
En l’observant, ce que j’aperçois dans le miroir de l’armoire est un mur de pierres sèches, au creux desquelles zinzinule un grillon de remords.



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