L’ADIEU
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Toujours là cette main frêle comme un passereau claire comme givre de Noël – ajouterait le poète – ouverte dans l’adieu à la rambarde du passé
Une odeur de bougies rouges en train de brûler et de sapin persistant à travers les hivers réveille en toi le sacré de l’encens et la douleur infernale de l’omniscience
« Il n’y a pas de pâquerette au sommet du Dhaulagiri » avait-elle expliqué avec un clin d’oeil et toi tu te souviens juste de l’envol d’une écharpe de neige au sommet
Qui te rapatrierait ? Qui prendrait le risque des éthers d’où il verrait suspendu dans le silence un monde vert et bleu dont les fleuves plats sont à l’image d’arbres dépouillés
Sur l’ossuaire des sommets fabuleux quelques nisaètes du Népal en planant te regarderont expirer puis renaître au sein des glatissements d’un risque indéfini
Après le retour des flocons la pente disparaîtra sous le manteau immaculé d’où seule émerge conservée par le froid des siècles ta main tendue vers le ciel
Frêle comme un passereau et claire comme givre de Noël.



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