Publié par : Xavier Bordes | 17 juillet 2012

L’AMUSETTE


 

                           L’amusette

 

 .

Inexplicablement lorsque la nuit une oppressante solitude

Illimite mon sommeil d’un résidu de conscience

Une aurore couleur de roses et de thé

Illumine soudain les allées de mes songes et j’aperçois

Une petite fille qui franchit le portillon de bois

D’un jardin inconnu mais pourtant familier avec

Bancs et cyprès papyrus et bambous tremblant

Dans la brise qui s’amuse des cheveux légers de l’enfant

 

Elle est jolie avec des yeux profonds Si profonds qu’on croirait

Lire dans leurs reflets violets l’indice d’une connaissance

Proprement inhumaine Elle vient vers moi sans hâte

Me prend la main en me disant qu’elle est heureuse de me voir

Qu’elle m’aime et veut que je joue avec elle

Aux jeux qu’elle va inventer : “Moi je suis la grenouille

Et toi comme t’es gros tu vas faire le boeuf !” Alors

Elle aspire de l’air à pleins poumons gonfle ses joues puis

Eclate de rire et les arbres applaudissent de toutes leurs feuilles

Au ruissellement cristallin qu’ils croyaient jusqu’alors l’apanage

De la gorge des rossignols Très loin au ciel

Un croissant de lune bleu pâle s’efface Des nuages mordorés

En forme de pirogues traversent l’altitude bleue

 

Pour finir après bien d’autres jeux que j’aurais été incapable

D’imaginer la petite muse s’en va comme elle était venue

Avec ses souliers à bouts ronds ses chaussinettes blanches

Son pas rythmé qui sans crisser effleure aux graviers de l’allée

Je regarde longtemps sa robe décorée d’alphabets de couleur

S’amenuiser et disparaître à l’extrême de mon souvenir

Et le matin en plein bonheur je me réveille avec

La cadence toute neuve à écrire 

D’un poème surnaturel.

 

 


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