L’amusette
.
Inexplicablement lorsque la nuit une oppressante solitude
Illimite mon sommeil d’un résidu de conscience
Une aurore couleur de roses et de thé
Illumine soudain les allées de mes songes et j’aperçois
Une petite fille qui franchit le portillon de bois
D’un jardin inconnu mais pourtant familier avec
Bancs et cyprès papyrus et bambous tremblant
Dans la brise qui s’amuse des cheveux légers de l’enfant
Elle est jolie avec des yeux profonds Si profonds qu’on croirait
Lire dans leurs reflets violets l’indice d’une connaissance
Proprement inhumaine Elle vient vers moi sans hâte
Me prend la main en me disant qu’elle est heureuse de me voir
Qu’elle m’aime et veut que je joue avec elle
Aux jeux qu’elle va inventer : “Moi je suis la grenouille
Et toi comme t’es gros tu vas faire le boeuf !” Alors
Elle aspire de l’air à pleins poumons gonfle ses joues puis
Eclate de rire et les arbres applaudissent de toutes leurs feuilles
Au ruissellement cristallin qu’ils croyaient jusqu’alors l’apanage
De la gorge des rossignols Très loin au ciel
Un croissant de lune bleu pâle s’efface Des nuages mordorés
En forme de pirogues traversent l’altitude bleue
Pour finir après bien d’autres jeux que j’aurais été incapable
D’imaginer la petite muse s’en va comme elle était venue
Avec ses souliers à bouts ronds ses chaussinettes blanches
Son pas rythmé qui sans crisser effleure aux graviers de l’allée
Je regarde longtemps sa robe décorée d’alphabets de couleur
S’amenuiser et disparaître à l’extrême de mon souvenir
Et le matin en plein bonheur je me réveille avec
La cadence toute neuve à écrire
D’un poème surnaturel.



Laisser un commentaire