Publié par : Xavier Bordes | 13 septembre 2012

TRANSIR


 

 

                            TRANSIR

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Un vieillard ! Il eût voulu n’évoquer que ce qui brûle,

Labourer la profondeur de ce qu’on nomme «réalité».

Il avait passé son existence à sonder cette profondeur

Pour découvrir qu’elle n’occultait qu’une pure surface !

Que la perspective se joue de nos regards ainsi que l’oiseau

Ou le voilier qui s’amenuise en chutant dans l’horizon !

Et voici que finalement la réalité était analogue à la neige.

Elle fondait lorsque l’esprit la scrutait, se dissolvait

En chiffres subtils qui sont de pauvres variations sur le Néant.

Même la mort, qui hantait de spectres les imaginations

Depuis l’âge de pierre, se découvrait n’être qu’une membrane

Dressée au bout du temps et dépourvue d’épaisseur au point

Que la franchir est aussi simple que sortir du temps

Comme lorsqu’on passe sous le rouge torii Miyajima

Dans une barque sacrée qui fend les reflets du couchant.

 

 

 


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