TRANSIR
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Un vieillard ! Il eût voulu n’évoquer que ce qui brûle,
Labourer la profondeur de ce qu’on nomme «réalité».
Il avait passé son existence à sonder cette profondeur
Pour découvrir qu’elle n’occultait qu’une pure surface !
Que la perspective se joue de nos regards ainsi que l’oiseau
Ou le voilier qui s’amenuise en chutant dans l’horizon !
Et voici que finalement la réalité était analogue à la neige.
Elle fondait lorsque l’esprit la scrutait, se dissolvait
En chiffres subtils qui sont de pauvres variations sur le Néant.
Même la mort, qui hantait de spectres les imaginations
Depuis l’âge de pierre, se découvrait n’être qu’une membrane
Dressée au bout du temps et dépourvue d’épaisseur au point
Que la franchir est aussi simple que sortir du temps
Comme lorsqu’on passe sous le rouge torii Miyajima
Dans une barque sacrée qui fend les reflets du couchant.



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