Publié par : Xavier Bordes | 19 septembre 2012

VERT – TIGE


                                                                        VERT – TIGE
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Ne t’étonne pas de ce monde aujourd’hui vert : mer verte, barque vert-bouteille, ciel de jade, rochers moussus près de la rive. Et ce fin cordon de nuages verts au-dessus des vagues vert-chou d’un lointain tiré au cordeau.
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Il arrive comme ça, que l’on ait l’âme monochrome. Comme ancrée dans une crique végétale, où le sommeil des plantes et leurs odeurs de datura et de vanille endorment les guetteurs les plus endurcis.
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Somnolent, je dodeline au gré du ressac à la façon d’une algue céladon oscillant au-milieu des poissons assoupis, jetant de temps en temps un éclair spasmodique lorsque le courant les éloigne un peu trop de leur trou.
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Des runes tournoient sous la voûte de mon regard intérieur : elles racontent une enfance originelle, au ras du printemps, radieuse comme une pâquerette. Mon esprit envisage vaguement de traduire ce roman.
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Ce ne sont que velléités : une houle de paresse délicieuse englue toute tentative de lucidité, avec des souplesses de poulpe dans ses enroulements et ses déroulements infinis ; amer plaisir de renoncer !
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Bernard l’hermite, je squatte la coquille confortable du langage dont, en grandissant, j’élargis la spirale au fil des ans : dans ses tréfonds, elle  recèle un abîme amorcé avec ma vie, d’où monte constamment la rumeur de la mer.

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