ABYSSAL
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Ton regard dans le mien est en quête de ton propre mystère, mouvant ainsi que dans un lac le reflet d’une roche immobile. Est-ce en mon amour que repose l’énigme objectivée de celle que tu es ?
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Aujourd’hui, les pales de la lumière tournent en sens inverse. Voici qu’ensemble, comme les gorges d’un torrent en hélicoptère, nous remontons le cours pittoresque des lieux et des années.
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Blancheurs, murs dorés, pans bleu-turquoise de l’atlantique au bout des ruelles, avec le triangle immaculé d’une voile de pêcheur. Chaleur de l’ombre étrangère sous les arcades noires où bourdonnent les mouches.
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Des langues vêtues de houppelandes en poil de chèvre résonnent sous les voûtes, parmi les gloussements des fontaines cernées de colombes ; s’écrivent en claquements de fouets aux frontons mangés de pampres pourpres.
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Dans la forêt d’eucalyptus clairsemés, arrosés par l’ubiquitaire sonorrhée des serins, grognent les sangliers, le cou rentré dans les épaules. Les laies rallient leurs marcassins rayés, prêts à s’égayer dans la poussière.
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Aux plages désertes, les compartiments du corail étagent une géographie de flaques bleu-pastel hantées d’anémones de mer, de petits crabes qui amusent les enfants. Au delà, des verdeurs rapidement s’enfoncent dans les profondeurs brassées par les courants…
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C’est là, au coeur d’un océan de souvenirs inoubliés, que reposent les débris du rébus séculaire dont tu cherches à restaurer le sens, ainsi qu’un plongeur tente de reconstituer l’épave d’un galion disloqué par d’anciennes tempêtes.
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