Publié par : Xavier Bordes | 20 septembre 2012

ABYSSAL


                                                                                           ABYSSAL

.
Ton regard dans le mien est en quête de ton propre mystère, mouvant ainsi que dans un lac le reflet d’une roche immobile. Est-ce en mon amour que repose l’énigme objectivée de celle que tu es ?

.

Aujourd’hui, les pales de la lumière tournent en sens inverse. Voici qu’ensemble, comme les gorges d’un torrent en hélicoptère, nous remontons le cours pittoresque des lieux et des années.

.

Blancheurs, murs dorés, pans bleu-turquoise de l’atlantique au bout des ruelles, avec le triangle immaculé d’une voile de pêcheur. Chaleur de l’ombre étrangère sous les arcades noires où bourdonnent les mouches.

.

Des langues vêtues de houppelandes en poil de chèvre résonnent sous les voûtes, parmi les gloussements des fontaines cernées de colombes ; s’écrivent en claquements de fouets aux frontons mangés de pampres pourpres.

.

Dans la forêt d’eucalyptus clairsemés, arrosés par l’ubiquitaire sonorrhée des serins, grognent les sangliers, le cou rentré dans les épaules. Les laies rallient leurs marcassins rayés, prêts à s’égayer dans la poussière.

.

Aux plages désertes, les compartiments du corail étagent une géographie de flaques bleu-pastel hantées d’anémones de mer, de petits crabes qui amusent les enfants. Au delà, des verdeurs rapidement s’enfoncent dans les profondeurs brassées par les courants…

.

C’est là, au coeur d’un océan de souvenirs inoubliés, que reposent les débris du rébus séculaire dont tu cherches à restaurer le sens, ainsi qu’un plongeur tente de reconstituer l’épave d’un galion disloqué par d’anciennes tempêtes.

 

..


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Catégories

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer