1
STATUE DE SEL
.
.
Debout sur un roc à fleur d’eau
dans le vent vif du bord de mer
pieds nus rebattus par la vague
tu te fais penser à une statue de sel :
au foyer brillant de tes larmes
ce sorcier qu’est le temps a figé tous les regards de ton passé
les paysages et les gens
violemment colorés d’émotion
.
Au creux du coquillage de chair qu’est ton oreille
le ressac incessamment ressasse
les musiques les sons les voix d’autrefois
qui s’enflent se taisent s’échangent parmi la blancheur de l’écume
imitant les motifs de ces dentelles anciennes
qu’on retrouve au fond d’armoires de grand’mères défuntes
.
Et lorsqu’on ouvre leurs lourds vantaux de chêne
avec le sentiment d’ouvrir la coque de la nuit
une bouffée de parfum à la bergamote
enfermée-là depuis la naissance de celle dont nous sommes nés
ravive l’impitoyable nostalgie de toutes les enfances
que n’ont pas pu exterminer ni chagrins ni douleurs
.
Comme on y prend sur une étagère basse
d’une main raide et tremblante un vase de porcelaine
du Japon qu’on croyait perdu
entrecroisant aux branches de cerisier en fleur
des images de printemps qui n’existent plus
.
On retourne ce creuset de regrets mélancoliques
doucement telle une belle conque fragile
roulée jusqu’à nos pieds par l’eau basse
d’où nacrée elle émerge à demi
lisse et polie avec dedans chuchoté un message
d’amitié du monde analogue à ce poème en spirale
inséré dans la verdeur transparente d’une bouteille-à-la-mer
et confié par toi aux houles fantasque de l’internet !



Ce nouveau cycle commence par une pure merveille. Je comprends maintenant pourquoi certains cétacés se mettent à chanter.
By: lievenn on 23 novembre 2012
at 7:41
Content si ceci a votre agrément. J’en suis très honoré.
By: xavier bordes on 23 novembre 2012
at 8:06