Publié par : Xavier Bordes | 10 février 2013

MINES DE RIENS XVIII


SUBMERGÉ
.
Même en écrivant durant une vie entière je vois bien
qu’on n’arrive pas à parler de tout ce qui peut devenir
réalité Le poète est comme l’alouette qui soulève le ciel
ou le coq qui réveille et suscite en chantant le soleil
Comme la neige qui fait monter la maison à vitesse
d’ascenseur et partout dépose son silence immaculé
que viennent à plaisir ébruiter de leurs traces jolies
les oiseaux sautillants et les enfants extasiés et joueurs
Il y a le gazon qui tout au long des beaux jours défie
la tondeuse rouge Les abeilles qui cartographient
l’infini des prairies où grelottent en choeur des milliers
de boutons d’or pâquerettes lis martagons scabieuses
Plus malcommode est d’insérer dans le poème les rues
de Bristol avec leurs petites maisons toutes pareilles
et ces cathédrales de poutrelles en acier que sont les grues
du port où parmi des eaux sombres flaquées de reflets
somnolent des bateaux peints et des cormorans noirs
Partout les choses vous sollicitent Nomme-moi nomme-
moi tout de suite Après tu vas m’oublier Tant et si bien
qu’on ne sait plus où donner de la tête et des sens
et on reste-là les bras ballants comme un promeneur
dans un cimetière abandonné qui se décourage de voir
.
qu’il faudrait pour qu’une filiation survive récrire les noms
presque effacés de l’anarchie des racines et des stèles

.


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