Publié par : Xavier Bordes | 1 juillet 2013
Nord-sud
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Nord-sud
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Ouvrons la porte au plus tôt sur le bleu de l’été. Au creux de la Siagne, son reflet serpente parmi les galets blancs du jour. Heureux présage, de ma droite un clan de sept migrateurs tirent de l’aile en rythme vers le nord, emportant avec eux un nuage moustachu comme le Baron de Crac.
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Pour ces oiseaux la terre est un tableau de Mondrian. Leur oreille réglée sur le murmure magnétique du pôle, ils mesurent l’étendue jusqu’aux terres de forêts rousses parsemées d’éclats de neige où, parmi les échos des falaises et les fjords miroitants, la fraîcheur qu’ils aiment les attend…
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Un jour sans nuit étendra ses vents violets à contre-soleil, étirant les ombres des conifères. Parfois un torrent de rennes aux cornes mélangées dévalera la pente pour, en nageant, rejoindre la rive de l’île aux verdeurs velues, tendres, aux mousses confortables.
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Hommes du sud, oublions les séduisants mystères de la Cimmérie ! Délaissons l’obédience du nébuleux. Faisons du jour une heure lumineuse, unique, teintée d’une sensation d’éternité, une heure de circulation des anges. Une heure qui veut que nous regardions le monde avec innocence.
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