Publié par : Xavier Bordes | 12 juillet 2013
FATUM
FATUM
.
Les serres au soleil levant éblouissent la côte
Juste au-delà d’une frontière oubliée la Ligurie
contient les assauts bleu-profond de la mer au point du jour
Jadis par ici cabotaient les «onerariae» romaines
voiles bombées qui faisaient route vers Fréjus
avec leurs milliers d’amphores pleines d’huile
en traînant leurs carènes enceintes sur les vagues
que blanchissent les caprices du vent d’est…
.
Ainsi commençait ce poème demeuré depuis
vingt ans comme en suspens et sur lequel je me repenche
aujourd’hui – vieillard en mal d’inspirations et contraint
à farfouiller dans ses fonds de tiroirs (non sans honte) –
À l’époque je lisais le poète d’Andes pour la centième fois
toujours saisi par la simple et subtile efficacité musicale
d’une langue qui eut le courage de rivaliser avec le grec
d’Homère, d’Hésiode ou de Pindare (et quelquefois
les égala) Les hexamètres dactyliques arrivaient
l’un après l’autre à la marge comme houle à la plage
.
Que sert de réveiller ces temps tellement anciens
Il me semble que j’avais deux mille ans de moins
Que c’était au temps d’Hadrien et d’Hérode Atticus
ou même avant – au temps des fameuses nuits
d’Achaïe et des folies musicales de Néron à Patras
ou Nicopolis telles que les racontaient les Annales
perdues de Tacite Allons si le sort a tout effacé
c’est qu’il veut nous éviter par charité sans doute
la cruelle et tragique précision des souvenirs heureux.
.
Publié dans DOMAINES INTERDITS, MINES DE RIENS, Poésie en vers et en prose | Étiquettes : andes, ces, courage, hésiode, hexamète, hexamètre, Homère, inspirations, néron, souvenirs, vent
Laisser un commentaire