Publié par : Xavier Bordes | 21 février 2016

Autosculpture


Autosculpture
.
Grâce au scalpel de ma langue maternelle, la poésie retranche peu à peu de mon être tout ce qui interdisait à la mort de me reconnaître.
.
On dirait le sculpteur face au bloc de marbre qu’il dégrossit et va intailler jusqu’à donner à lire dans ce qu’il en restera la forme d’un ange.
.
Creuser ce qu’on est par rafales incessantes d’inspiration jusqu’à devenir une personne érodée de ses petitesses, faiblesses et hontes superflues…
.
Je n’ai pour visage que la fraction la plus banale de l’être en quoi est tissée ma vie. Par la poésie je m’efforce de le quitter comme on ôte un masque d’or.
.
C’est Venise, le bal de la vie, la féerie, la dame éblouissante à chevelure de silence et regards où vacille un tilleul. Elle exige qu’on arrache son loup avant l’amour.
.
Si le parfum des giroflées tourne dans l’air du soir, comme disait Baudelaire, c’est parce que l’ombre te cache que tu est tout près de l’exquise, éternelle douleur d’aimer.
.
Sache que les torrents de lumière qu’irradie en tous sens l’anarchie poétique, musiques ineffables, sensations inouïes, leur source est au plus noir du coeur.

 

.


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Catégories

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer