Autosculpture
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Grâce au scalpel de ma langue maternelle, la poésie retranche peu à peu de mon être tout ce qui interdisait à la mort de me reconnaître.
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On dirait le sculpteur face au bloc de marbre qu’il dégrossit et va intailler jusqu’à donner à lire dans ce qu’il en restera la forme d’un ange.
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Creuser ce qu’on est par rafales incessantes d’inspiration jusqu’à devenir une personne érodée de ses petitesses, faiblesses et hontes superflues…
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Je n’ai pour visage que la fraction la plus banale de l’être en quoi est tissée ma vie. Par la poésie je m’efforce de le quitter comme on ôte un masque d’or.
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C’est Venise, le bal de la vie, la féerie, la dame éblouissante à chevelure de silence et regards où vacille un tilleul. Elle exige qu’on arrache son loup avant l’amour.
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Si le parfum des giroflées tourne dans l’air du soir, comme disait Baudelaire, c’est parce que l’ombre te cache que tu est tout près de l’exquise, éternelle douleur d’aimer.
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Sache que les torrents de lumière qu’irradie en tous sens l’anarchie poétique, musiques ineffables, sensations inouïes, leur source est au plus noir du coeur.
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