Fantasmes
J’irai traversant mes dernières contrées de lenteur
accompagné de ma mémoire profusion de mélodies favorites
torrent d’images heureuses où vivent défunts et défuntes
dans cette ambiance heureuse de ma prime-jeunesse
L’anis et la verveine la sauge et le thym les parfums de lavande et de châtaigniers
m’environneront d’odeurs fantômes aussi fortes que dans la réalité
Il y aura des cyprès et un tilleul comme au jardin de grand’mère Roselyne
et d’élastiques tiges de papyrus balançant leur étoiles vertes sous la brise
Pendant qu’Aïlenn de sa voix séraphique bavardera près du mûrier devant l’entrée
pour la centième fois je travaillerai à façonner dans un tube de canne des Arcs
une flûte que j’espérerai parfaite et digne de rivaliser en force émotive
avec les inflexions charmantes de mon Amour…



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