Fleurette
.
Ce n’est jamais sans émotion
que tous les matins en allant au jardin
cueillir un peu de verveine pour ajouter
à mon thé j’observe au pied du mur d’angle
de la terrasse telle fine et discrète plantule
qui squatte une lézarde infime de la pierre
Et chaque fois c’est un minuscule
miracle que j’y découvre : un nouvel
astre nain tantôt jaune vif tantôt
d’un blanc de pâquerette – minilune
ou minisoleil selon l’horoscope du jour ! –
Vers moi son seul admirateur l’infime fleur
tend sa courte tige comme pour m’éclairer
ou peut-être parce qu’elle rêve de prendre place
dans l’inaccessible azur mallarméen
qu’altère parfois un nuage éphémère
Sa candeur enfantine et son innocente vigueur
me touchent (moi qui n’ai plus guère de sujets
de joie en cette triste vallée d’automne) au point
qu’un moment j’éprouve l’enthousiasme à vivre
qu’en jouant je r’apprenais avec Ezra – du temps
qu’il n’était guère plus haut que trois pommes !



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