Dimanche 31
Il pleut Il pleut encore Il pleut toujours
Seuls les feuillages frissonnent d’aise
et les dalles luisent d’un peu de ciel blanc
qui s’attarde en flaques sur la terrasse
Un plaqueminier est de l’écarlate des vignes
corinthiennes autour de Némée en automne
Le jardin sous la pluie complice du trèfle
désert prend des allures de veuve esseulée
Sitôt le nez dehors mille étincelles froides
comme taches de rousseur éparses au visage
L’impression d’avoir en aveugle donné
dans une toile d’araignée emperlée de rosée
relique du temps des amis et des sentiers boueux
du sous-bois après l’averse où nous courions
heureux tenant par la main une fille rieuse
sans le soupçon que l’on pût en être amoureux
Or depuis nous avons vécu et le passé ma foi
c’est le passé ! – dont on caresse comme un chat
sur nos genoux par un dimanche de grisaille
le doux pelage d’heures denses sans regrets
Il pleut Il pleut encore Il pleut toujours



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