Rigueur spontanée
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Il pleut encore évidemment. J’écoute la grande symphonie en Ut majeur de Schubert. Il y a chez ce compositeur une allégresse, parfois mélancolique mais toujours obstinée, une sorte de rythme permanent de promenade, une attitude de « wanderer ». Et son ramage mélodique à l’infini déroulé, varié, accompagné de broderies merveilleuse, de spires thématiques, m’enchante par son abondance inventive, par son allure de ressac, d’éternité marine. Décidément ce compositeur aura été le plus riche, le plus nuancé, le moins convenu en profondeurs émotives. Son invention n’a nul besoin de trucs et de formules, car à la différence de Mozart, il n’était pas pris à la gorge par l’urgence de composer pour assurer sa subsistance. Il composait généreusement, par pur amour, un amour vital, de la musique, prenait son temps (comme Bruckner qui retint la leçon), d’où les « divines longueurs »(quand on aime…), alors même que l’avenir, pour lui, devait être tronqué par une MST. D’où l’intense poésie de sa musique, sa spontanéité précise, un enseignement pour tous les créateurs. Du reste, cette symphonie, jamais il ne l’a entendue, puisque de son vivant aucun orchestre ne l’a jamais jouée !
Publié par : Xavier Bordes | 1 novembre 2021
Rigueur spontanée
Publié dans Délassements, Poésie en vers et en prose, Sur le motif
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