Athene noctua
« …tu pousse jusqu’à l’infini / un cri qui suspend le temps… » (L. Callant)
Un bruissement d’étoiles soufflées
telles des feuilles d’or au gré des airs obscurs
que les buissons redoutent
parce que des braises du couchant
scintillent encore
dans leur âme de nuit
voilà ce qu’est le consentement du paysage
Chuutt-chutt chuut-chutt la petite chevêche
aux aguets
répète son injonction au silence
ou si la lune
soudain dépasse des arbres
déplore le trop de clarté d’un ooh-oooh navré
dont on ne sait
s’il est de surprise ou d’indignation
Sur l’arête du toit
elle se hausse sur ses pattes
tourne sa tête montée sur roulement à billes
de droite de gauche
On dirait l’intelligence
affamée qui dans les touffes de l’Obscur
s’efforce de discerner
à quelle loi secrète obéit telle étincelle
velue de vie
qui chue des immensités stellaires
se faufile craintive et déterminée
à travers le chaos des choses indistinctes



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