Apparences…
Vieillir son poème, le patiner, c’est employer le temps, la durée, à en effacer, après des relectures espacées, ce qui faisait « effet » sans même que le lecteur ai eu à le comprendre. Mais comment un dire peut-il apparaître, « phaineïn », être remarqué, tout en s’effaçant par ternissement devant ce qu’il veut signifier, ce qu’il veut donner à comprendre ? Que l’agencement des mots et des phrases soit pénétrant sans être ostensible, sans être éclatant, cela se peut-il ? Donner au singulier, à l’extraordinaire, le masque du banal, par quel tour de force y parvenir ? C’est tout le contraire de notre époque, pour laquelle le clinquant suffit et peu importe la réalité intérieure des choses. Seul compte le bruit, le « buzz », horreur ou merveille. Au final, l’Éden est fait des mêmes matériaux que la Géhenne. Les humains oscillent de l’un à l’autre. Avec une préférence pour l’Enfer…



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