Infinitif présent
Te parlerai-je mon enfant des masques tantôt laiteux
tantôt argentés de la brume
grimaçant parmi les buissons du crépuscule
à l’heure où dans le souvenir de mes huit ans
je longe la lisière des forêts en ramenant le clan
cornu des clarines d’un pas calme et régulier vers l’étable
Par instants sans raison l’une d’entre elles meugle trois fois
en levant vers les hauteurs du couchant
son mufle rose aux narines humides
Quel message mystérieux approuve-t-elle on ne sait
À moins qu’elle ne veuille que signaler à l’orient
l’apparition clignotante de la première étoile
Ou l’hostie ronde qu’exhausse la main de la nuit au-dessus des montagnes
comme si son âme de bovidé ressentait
la frustration de ne pouvoir communier à la lune
sinon le matin en broutant la gelée blanche des herbages
Tandis que l’enfant rumine en soi le huit de l’éternité
En se disant qu’il ressemble au sablier indéfiniment retournable
dont sa grand’mère se sert pour cuire les oeufs à la coque
Publié par : Xavier Bordes | 15 juillet 2024
Infinitif présent
Publié dans Poésie en vers et en prose
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Amoureuse des vaches, j’adore ton évocation, cher poète !
By: Michele Corti on 15 juillet 2024
at 11:17