Brume
Cet espace laiteux où vaguement se devinent des choses, s’il tient effacé le paysage s’appelle « brume » – et si ce sont des pensées encore informulées qu’il occulte, on dira que c’est « page blanche ».
L’aube, impuissante à faire apparaître l’écarlate des forêts automnale, les courbes des collines, les gris gradués de la mer, de ses îles et de ses écumes, semble imprégnée d’attente cotonneuse.
Il faut alors s’ouvrir à la fluctuation du vent, afin qu’il baigne assez l’esprit pour agir en révélateur, à la façon du liquide en quoi, sous l’ampoule rouge, l’on trempait le papier photo argentique.
Quelle émotion toujours renouvelée de voir insensiblement se lever le voile sur le détail du panorama, illuminant ses lignes aussi graduellement que l’écriture inspirée quand elle sécrète du poème !



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