Ineffable
Pensées, ô mes pensées, vous que le vent rapproche de ma nuit avec le tournoiement des saisons dans les cours, le clabaudage des aubes mêlées aux rumeurs de papiers chiffonnés des bambous… Mes pensées, vous qui n’êtes qu’une sorte d’humeur électrique, secrétée en bulles de poèmes par mon cerveau comme le figuier de mon enfance faisait des figues… Mes pensées tantôt vertes, tantôt violettes et dont la transparence est comme embuée d’émotion ; mes pensées pèlerines, théories fragiles vers l’ostensoir du rêve, et qu’un souffle suffit parfois à bousculer, à interrompre, à disperser et dissoudre dans la réalité bleue que reflète le regard de la Vierge… Mais je ne crois plus aux explications symboliques du genre : « Les larmes servent à effacer ce qu’on a mal vu, à tel ou tel moment de notre vie… » Et autres jolies formules de charlatan tellement, tellement satisfaisantes et inutiles.



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By: Isabelle Daude on 28 février 2025
at 3:57