Roses funéraires
Au milieu de la dalle aux noms aimés
gravés en lettres encrassées par le temps
trois roses de porcelaine émaillée
cimentées par une main d’artisan inconnue
bien avant ma naissance
et celle de la plupart des hôtes de ce caveau
Ce ne sont pas de vraies roses
Elle sont évidemment sans odeur
mais leur avantage est qu’elle ne fanent pas
ne dépérissent pas : ne s’écaillent même pas
quand le puissant soleil d’août en Provence
brûle les fleurs dès qu’on néglige un seul jour
de les arroser
Avec l’obsession qui me caractérise
j’y vois le symbole de la poésie dont je rêve
éternelle et colorée – en une trinité qui confie
aux survivants le soin d’imaginer à leur gré
son entêtant parfum…


