Re-création
Le silence de ta mémoire est celui des cimetières à l’heure où limace d’or s’allonge le soleil couchant sur les montagnes mauves de mes jeunes années
Et que se lève à l’est avec une trop grande pleine lune le vent bleuté des nuits ébouriffant les cheveux de certaine Beauté au profil mutin de chatte persane
qui contre la balustrade du vaste balcon dominant l’horizon marin où se relaient en vol pour surveiller les vagues quelques mouettes insomniaques
s’attarde à contempler là-haut prima donna du firmament l’étoile du soir sa lointaine rivale dont l’oeillade argentée lui emplit les prunelles de rêve
Le mystère dans l’air celui de l’évidence des choses répand un parfum d’huîtres et d’iode auquel se joint une bouffée de jasmin on ne sait d’où venue
Tout cela continue à vivre immatériel sous la dalle mentale d’un passé de l’époque inconcevable où ce qu’on appelle bonheur existait encore à notre insu…


