Souvenir d’un 18 mai.
Il aura hanté ses rêves
avec la même obstination
qui vit d’autres hanter la planète
Le vent froid aux doigts de bruine
giflant ses joues, le feu solaire
racornissant son visage entier
C’est là ce qu’il a connu jadis
le cygne de Tuonela aux lieux
où les oiseaux perdent leur chant
Là qu’il aperçut l’Île aux Stèles
pavées des dalles de musiciens
dont le nom fait échec à l’oubli
Dans une odeur de myrtes et de
giroflées il a longtemps musardé
sur les prés semés d’asphodèles
Un livre bleu entre ses mains
il a lu d’une voix basse et douce
et monocorde un poème obscur



Laisser un commentaire