Impressionnisme
Tout ce qui s’éloigne te donne le sentiment de se rapprocher de ton passé. Ce feston des falaises qui s’amenuise selon l’arc du golfe vers lequel galopent les blancs étalons de la Méditerranée. Ces nuages, si hauts que les oiseaux ne peuvent les rejoindre, et qui transportent leurs paquets de lumière ouatée vers l’horizon de l’ouest. La vallée vue du plateau, étalée comme une jupe de prairies que, là-bas, les villages minuscules aux tuiles romaines décorent comme des massifs de clématites en fleur. Or les humains n’ont pas tous une âme faite pour la distance. La solitude s’y propage à la façon d’un incendie. Que laisse-t-elle d’intact ? À la nuit tombée sa rumeur chuintante devient audible comme la cendre d’un âtre brasillant, soudain ranimée par la rafale qui s’engouffre et répand un mélange d’odeurs de menthe et de pin brûlé… Le présent doré de l’aube effacera tout cela grâce aux vocalises d’un merle né de ta fraîcheur d’enfant, tandis que frémissent d’un feuillolement virtuel les premiers jours du printemps.



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