Publié par : Xavier Bordes | 26 février 2016
Au quotidien
Au quotidien
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Ce midi, alors que le temps a passé,
mal rasé dans le nickel miroitant du mitigeur
qui me déforme bizarrement,
je me vois mettre au four une quiche.
Il y a tant de mystère dans l’éventail des rayons
richochant à travers l’univers !
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On pourrait tout à l’heure aller
en promenade au bord des étangs,
à Ville d’Avray par exemple, on ferait
bondir des galets qui traceraient les arches
d’un pont invisible sur la clarté de l’eau…
Au loin s’effacerait un arc-en-ciel…
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Les boutons d’or secoueraient dans la brise
un pollen de silence apte à envahir l’azur.
Sur la rive les petites pierres taquinées de vaguelettes
s’enveloppent de mousse et se renferment
sur leur for-intérieur. Nos pas s’impriment
dans la boue à peine sèche. À l’aube, il a dû pleuvoir.
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Le minuteur de la cuisinière sonne.
Je lève les yeux de ce que je lis
et j’aperçois ton regard qui me protège
vertement de ce que je suis…
Un couteau je découpe la quiche ; verse
du vin. Nous allons déjeuner ensemble
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tranquilles, comme si la poésie n’existait pas.
Et pourtant…
By: borissentenac on 26 février 2016
at 4:36